Moullet Luc (18/10/2021)

Moullet-couverture2.JPGMémoires d'une savonnette indocile

Auteur : Luc Moullet

 

L’autobiographie du plus farfelu et cinéphile des cinéastes français.
« Je suis le frère d’un génie de la musique aléatoire, le père d’une belle astronome qui choisit sa voie à 5 ans, le cousin au 11e degré d’un mec qui tua le maire, la mairesse et le garde champêtre (lequel avait déplacé sa chèvre de 8 mètres) de son village, le mari d’une femme équilibrée et séduisante qui me supporte depuis 52 ans. Je suis un highbrow et un Lenny (Des souris et des hommes).
Grâce à Truffaut, j’ai écrit sur le cinéma pendant 65 ans, et, lancé par Godard, j’ai fait durant 54 ans des films qui font rire sur des sujets sérieux, marxisme et taylorisme, vagin et clitoris. J’ai bossé dans tous les genres filmiques. Ce qui restera de moi, c’est une formule : « La morale est affaire de travellings ». On me situe entre Brecht et Courteline, entre Buñuel et Tati.
Je suis un maverick issu de ploucs préalpins, un marathonien capable de monter en vélo à 5390 mètres, mais qui ne sait pas skier, ni danser, ni nager, ni conduire.
Puisse ce livre m’aider à me définir. Connais-toi toi-même, disait Socrate. »

Commentaire de Jean-Yves MOUNIER
De Luc Moullet, je connaissais de longue date le film « Parpaillon »  qui, à travers un humour féroce et un sens de la provocation évidente, montrait que le réalisateur était un fin connaisseur d'un certain milieu cyclotouristique ! « Pas mal pour un film où un patron cyclotouriste se fait battre à coups de pompe à vélo par son employé, afin d’expier le fait qu’il l’exploitait. » L'auteur revient d'ailleurs à plusieurs reprises dans cette autobiographie sur ce film et ses à-côtés. « L’idée était de tourner un film sans pitch, ni histoire, ni personnages principaux. Bref, un film sans béquilles. »
Un récent article paru dans la revue 200 n° 30 m'en a appris plus, notamment que Luc avait escaladé en 1958 le mythique col du Parpaillon mais aussi bon nombre de sommets à travers le monde. « […] mais j’ai aussi gravi tous les cols, enfin 229. J’ai monté le Stelvio (2 757 m), un col à la progression griffithienne, mais qui devient ensuite nietzschéen, avec un dévelop­pement de 45/25. J’étais fier de moi. J’étais devenu le roi de la pédale. »
Dans cet ouvrage, Luc Moullet nous parle aussi de son vélo au quotidien, qui lui permettait d'aller partout dans l'univers cinématographique, souvent à la grande stupéfaction des ses pairs... « Pour moi, le vélo est assez proche du cinéma ; c’est toujours quelque chose qui tourne : la roue du cycle, la pellicule dans la caméra. »
Les niveaux de lecture sont divers et variés, celui cycliste se montrant des plus intéressants...

 

2021400 pagesCapricci

Prix : 22 €

15:43 Écrit par Biblio-cycles de Philippe Orgebin et Jean-Yves Mounier | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer