Ast Jean-Charles (26/02/2026)
Via Alpinarica
Auteur : Jean-Charles Ast
Je flirtais avec l’itinérance depuis plusieurs années, me perdant régulièrement de façon consentie dans les montagnes vosgiennes, jusqu’à leur traversée intégrale. Puis un jour, je tombai dans l’infidélité à l’occasion d’un tour du mont Blanc. Je fus envoûté par les cimes minérales sculptées par les glaciers et la beauté de la flore célébrant de ses couleurs chatoyantes la fin d’un hiver interminable. Assis sur une falaise au-dessus d’un névé en sursis, je décidai sur un coup de tête de traverser les Alpes. Je n’avais alors pas pris la mesure de cette décision, j’avais sans le savoir décidé de me lancer sur la Via Alpina.
Quelques années plus tard, le jour de l’Ascension, je me lançai en solitaire à l’assaut de l’arc alpin. Je ne me sentais pourtant pas seul, accompagné de ma bicyclette et de mes nombreuses angoisses. L’impression de devoir vider un lac avec un simple seau m’épouvantait. De plus, j’avais voulu m’assurer du contact rugueux avec la montagne, d’une relation exclusive le temps d’une parenthèse de vie. Exit donc la tente, il me fallait découvrir chaque soir un abri de fortune ou me laisser charmer par une nuit à la belle étoile. Je comptais sur la providence, elle garantit aventure et souvenirs à quiconque lui accorde sa confiance. Une caverne éclairée par une pleine lune à plus de 2500 m d’altitude ou le plancher vermoulu d’une bergerie en déliquescence surclassait les plus grands palaces. Aussi, je n’avais pas voulu divulgâcher ma destinée, photos et topos avaient été soigneusement évités. Un voyage ne se planifie pas, il se prépare. La découverte devait me sauter au visage !
Ce récit n’est pas celui d’un exploit sportif, c’est une plongée dans la tête d’un vagabond d’altitude. Car cette épopée est avant tout une aventure intime, un cheminement intérieur. La morsure des émotions fut souvent plus intense que celle du froid ou de la douleur musculaire. Les sourires et les larmes se côtoyaient souvent dans la même journée, voire dans une même heure. La peur, les doutes et une multitude de raisons avaient tenté de me tenir à distance de cette extraordinaire entreprise. Partir m’avait longtemps semblé une folie, c’était sans doute le cas, mais c’est à ce prix que l’on réalise ses rêves. Puisse cette lecture vous faire traverser les Alpes sur votre canapé et qui sait, peut être vous faire prendre en main votre propre seau.
2026 – 340 pages – Autoédition disponible auprès de l'auteur
Prix : 29 €
10:23 Écrit par Biblio-cycles | Lien permanent | Commentaires (0) |
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