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29/08/2009

Bonneville Louis

Bonneville Louis007 - copie.jpgLE VÉLO “ Fils de France “

Historique : CHIFFRES, DATES et FAITS - INDUSTRIES - SPORT - TOURISME - Origines à 1900 -

Auteur : Louis Bonneville

Préface de Maurice Martin

J’ai eu maintes fois le privilège de préfacer des ouvrages de sports et d’autres, mais j’avoue n’en avoir jamais eu de plus flatteur que celui qui m’est ici dévolu de présenter les pages de mon vieil ami Louis BONNEVILLE, mon camarade des heures, combien lointaines déjà, où nous combattîmes côte à côte pour la propagande du sport en France.

L’auteur du remarquable livre : “ Les Locomotions Mécaniques “, dont la documentation extraordinaire fit récemment sensation dans nos milieux avertis, est un des rares historiens-bénédictins qui, pour avoir participé eux-mêmes à l’éclosion du cyclisme actuel, de l’automobilisme et de l’aviation, ont eu la prescience de l’intérêt qui s’imposera un jour aux générations à venir d’en connaître l’évolution complète depuis les débuts.

Il s’apparente ainsi, par la documentation et le talent, à des maîtres en la matière tels que l’éminent vulgarisateur BAUDRY de SAUNIER - encore un de mes compagnons de la première heure - l’un des plus remarquables collaborateurs de l’Illustration, et, pour ce qui est plus spécialement du cyclisme, à BELLIARD, l’archiviste de l’ Union Vélocipédique Internationale.

Grâces leur soient rendues, car, à notre époque de civilisation frénétique et notoirement désaxée, l’accumulation désordonnée des faits rend de plus en plus incertaine la mémoire, lorsqu’elle ne l’épouvante pas. Il y a donc un mérite certain à mettre de l’ordre positif, en quelque sorte scientifique, dans le calme et véridique souvenir des choses passées auxquelles nous devons tant de choses présentes, n’en déplaise à certains énervés de l’heure actuelle, surtout chez les jeunes.

Ce qui m’a particulièrement frappé dans ce nouveau livre si prodigieusement documenté, précisément au regard de la prescience de l’avenir, ce sont les lignes consacrées à Richard LESCLIDE, qui fut secrétaire de Victor HUGO.

Hugo ! quel rapprochement et quelle évocation ! On a dit parfois que les grands poètes, sous des apparences trompeuses pour le vulgaire inapte à saisir la profondeur du Verbe, étaient des visionnaires. Rien de surprenant à ce que ceux qui eurent l’heur et l’honneur de les approcher de très près, de vivre dans l’ambiance de leurs pensées, surtout quand ils étaient eux-mêmes des poètes et que cette pensée irradiait comme celle du puissant auteur de “ La Légende des Siècles “, aient été quelquefois, eux aussi, des prophètes.

Tel fut le cas de Richard LESCLIDE, pour le cyclisme, ainsi que le souligne BONNEVILLE.

Ce qu’il y a d’intéressant dans le cas de LESCLIDE, c’est que sa veuve et celui qui devint le compagnon de celle-ci, Paul FAUSSIER, vieillard aujourd’hui octogénaire, sont ses continuateurs, ses vivants et fervents disciples, en ses lointaines prédictions.

Je n’en veux pour preuve que leur journal, depuis longtemps disparu : Le Vélocipède Illustré, premier organe important du genre ( 1869 ), où l’on bataille ferme, parfois même très âprement, pour crever la toile tendue par de vieux préjugés autour du progrès naissant.

Mais que dire surtout du joli titre même de l’ouvrage que voici : Le Vélo, Fils de France, qui vient en si utile complément du précédent : Locomotions Mécaniques, Origines, Dates et Faits.

N’est-il pas à lui seul toute une profession de foi, le reflet de la pensée essentielle et éducative de l’auteur qui, si judicieusement, si implacablement, s’efforça toujours de faire justice de certaines ambitions étrangères, des anglo-saxonnes notamment, tant en automobilisme qu’en cyclisme, dans la revendication légitime des inventions premières ? Ce nouveau livre de BONNEVILLE est un document définitif à cet égard.

Il y a des tentatives d’accaparement de tous ordres qui méritent ces sévères mises au point. La France n’en a été que trop souvent victime. Que le justicier soit ici remercié. Voilà pourquoi l’œuvre loyale et si documentée de Louis BONNEVILLE, sur les détails de laquelle je ne m’appesantirai pas davantage pour ne pas abuser de cette préface, est appelée, semble-t-il, à demeurer.

Elle doit susciter parmi ses lecteurs le vif intérêt qu’elle mérite, en particulier parmi ceux qui appartiennent aux deux grandes associations d’utilité publique nées des débuts de l’évolution des locomotives modernes, évolution qui, sans elles, eût certainement été très retardée en sport et en tourisme.

J’ai nommé l’UNION VÉLOCIPÉDIQUE DE France ( fondation 1881 ) et le TOURING-CLUB DE France ( fondation 1890 ).

Maurice Martin008 - copie.jpgPuissent donc les pages que l’on va lire et méditer, apprendre à la génération actuelle qui, si souvent, pédale sans savoir ce que le présent doit au passé, ou qui s’en désintéresse, puissent-elles lui apprendre un peu de l’histoire qu’elle devrait pourtant connaître.

Trop d’esprits superficiels de même qu’ils ne jettent là-haut, vers planètes et soleils lointains, que de rares regards d’ailleurs indifférents - regards des yeux de porcelaine - oublient qu’il existe une chaîne indestructible entre les stades successifs de ce qu’on appelle le progrès.

Ils ne comprennent pas que le progrès est une arme à deux tranchants quand il est désordonné comme l’est un peu trop celui d’aujourd’hui, basé sur un matérialisme vorace, ignorant et cruel, ivre des seules jouissances ou soi-disant telles du présent. Arme admirable de paix, en principe, Mars veut arracher des mains de Cérès, à d’effroyables fins.

Oui, en vérité, passé, présent, avenir, tout s’enchaîne en tout, dans les idées comme dans les faits.

Ainsi, pour ce qui nous intéresse ici, en descendant vers de plus modestes concepts philosophiques, cyclisme, automobilisme, aviation sont autant de chaînons d’une même chaîne.

Et c’est parce que, en cet an - ne disons pas de grâce - 1938, le cyclisme, ce “ Fils de France “, affirme plus que jamais sa merveilleuse vitalité, nonobstant d’autre modes de locomotion auxquels, ne l’oublions pas, il traça jadis la route ; c’est parce qu’on ne saurait y voir concurrence, mais plutôt collaboration au service de l’impérieux besoin de nous mouvoir sur ce globe, loin des cités enfiévrées et parfois pestilentielles, c’est à cause de tout cela qu’il faut considérer attentivement le processus de ces enchaînements que l’homme subit sans que, le plus souvent, il s’en doute, de nos jours.

C’est pour cela, enfin, que nous devons remercier mon vieux camarade, Louis BONNEVILLE, de nous avoir apporté cette nouvelle contribution à l’histoire d’un de ces chaînons du progrès des locomotions modernes.Personnellement, de tout cœur, je lui en sais gré et l’en félicite.

 -1938- 278 pages - Éditions ETAC- Nice.

 

23:33 Écrit par Biblio-cycles de Philippe Orgebin et Jean-Yves Mounier dans Anthologie - Traités-Essais-Biographies | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cyclotourisme |  Imprimer

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