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11/09/2020

Bouvet Philippe

Bouvet-couverture.jpgNos années Poulidor

Auteur : Philippe Bouvet

 

Raymond Poulidor incarne une époque, celle des « sixties », une France, celle des campagnes – ou de la « périphérie » dirait-on aujourd’hui – et un esprit, celui de l’enfance, du Tour de France, de la malchance aussi. Il est le perdant glorieux, le coureur jovial, populaire, aimé de tous, accessible et éternel.
Poulidor serait-il un mystère typiquement français ? Comment devint-il un phénomène populaire sans précédent sans avoir jamais gagné le Tour de France ? Que symbolise-t-il aujourd’hui ?
Son port d’attache, Saint-Léonard-de-Noblat, se situe en plein cœur de la France. C’est un petit village niché sur le chemin de Compostelle, en pays limousin, où il a appris à traire les vaches de la ferme familiale et où il a acquis le bon sens paysan, la force tranquille, la patience, le travail bien fait.
La casquette souvent de traviole mais les idées bien en place, l’éternel deuxième a couru quatorze Tours de France. Les Français, en ce temps-là, n’aimaient pas tellement les gagnants. On était alors Anquetilistes ou Poulidoristes. La France était coupée en deux, quoique dans toute sa ruralité d’alors, elle penchait sacrément du côté de Poulidor. Il avait « percé » au temps des chanteurs yé-yé. Deux ans après Johnny, deux mois après Chirac, le voilà parti à son tour, en novembre 2019.
Ceux qui ont grandi dans les années 1960 et 1970 n’avaient jamais connu un monde sans Poulidor. Son exploit fut de ne jamais être vintage, mais intemporel. Tout changeait autour de nous et rien ne changeait tant qu’il était là. Lui restait le même. Il était notre rassurance. « Poupou » s’était transmis de grand-père en petit-fils. Chacun pouvait se reconnaître en lui qui ne ressemblait à personne.

Commentaire de Jean-Yves MOUNIER

Quoi ? Encore une biographie sur Poupou ! Mais tout a déjà été dit, raconté, illustré, commenté...
Penser ainsi serait prendre ce livre de Philippe Bouvet pour ce qu'il n'est pas, une énième hagiographie de l'éternel second qui, soit dit en passant, remporta plus de victoires que de places de second, seul, ou presque, le Tour de France manquant à son palmarès.
Car si la vie et la carrière du champion adulé des Français sert bien de trame à ce livre, son propos en est bien plus vaste et se propose de montrer la France de ce temps-là, telle qu'elle était dans ses aspects sociétaux, politiques ou encore culturels, le tout avec une nostalgie assumée – Ce n'est pas seulement un champion cycliste qui disparaissait. C'est toute une époque – et une tendresse assumée pour Raymond.
À travers ce portrait tout en subtilité, c'est une France populaire – poupoulaire  – attachée à ses racines et à ses valeurs humaines que nous dépeint l'auteur qui, comme beaucoup des Français d'hier et d'aujourd'hui, porte un amour simple et désintéressé aux perdants magnifiques.
Une très belle lecture que je recommande.

 

2020240 pagesÉquateurs

Prix : 18 €

Livre lu et apprécié par le comité de lecture du blog

09:55 Écrit par Biblio-cycles de Philippe Orgebin et Jean-Yves Mounier dans Anthologie - Traités-Essais-Biographies, Raymond Poulidor | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer

Commentaires

Un commentaire a été ajouté à cette fiche le 14/10 par Jean-Yves MOUNIER

Écrit par : Jean-Yves MOUNIER | 14/10/2020

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